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Cabane
video "Avec une économie de moyens surprenante, Cabane va à l'essentiel: toucher le public et lui ouvrir un immense champ imaginatif."
Marjolaine Zurfluth - Danser - Paris – Octobre 2009

Un univers troublant, sorti du réel. Hors de raison. Une création à mi-chemin de la performance in situ et de l'installation, à suivre dans des lieux aussi inattendus qu'un stationnement intérieur public et une salle de bal.


Paul-André Fortier, Rober Racine, Robert Morin : respectivement, le chorégraphe danseur, l'artiste visuel/écrivain/performeur/musicien, le cinéaste, tous trois réunis pour Cabane, une vraie cabane transportable et transformable. Un monde en soi - abri, atelier, écran, ou peut-être mausolée - imbriqué  dans des espaces fortement connotés, entre luxe, pauvreté et artifice. Un homme danse une partition de mots, prend la mesure de son territoire, un musicien (Racine) joue du « sommier métallique préparé », un vautour s'envole, grâce à Morin, créateur d'images. Les accessoires ordinaires perdent leur nom; la porte, les murs, les fenêtres s'ouvrent sur un espace surréaliste. Les techniciens sont à vue pour les lumières simplifiées de John Munro.  Un pied de nez à l'inflation technologique ?

Depuis cinq ans, avec le Solo 30X30 (2006), Paul-André Fortier a parcouru le monde à découvert, le corps offert aux aléas du temps qu'il fait, au regard des passants, à leur indifférence ou à leur curiosité, à l'admiration comme à la moquerie, et au désir sans doute. (...) Un itinérant chorégraphique.

« L'abri de Cabane est dans la continuité du lieu du Solo 30X30, mais fermé et construit. Il contient tout l'univers et n'est pas loin non plus de l'îlot de La tentation de la transparence (1991). » Lieu autarcique donc, que l'on peut transporter comme un castelet et qui recèle les trésors des bricoleurs d'imaginaire. Atelier, nid, matrice, abri, construit par Daniel Vallée, un ami de longue date. Point de sophistication technique. « Je voulais inventer à partir de petits moyens, à l'opposé de la richesse et de l'abondance. » (...)

Dans la genèse de Cabane, sans en connaître et en épuiser véritablement le sens, le chorégraphe retrace une sorte de rhizome de cabanes, les unes menant aux autres, croisées au hasard d'expériences diverses faites durant le voyage quasi initiatique du Solo 30X30 : entre autres, des installations vues à la Triennale d'art contemporain de Yokohama, l'abri au toit plat utilisé pour son solo à Nancy, la maquette d'une maisonnette préfigurant celle d'aujourd'hui, dans le Solo 1X60 - Un jardin d'objets (2006), et bien d'autres. À ces embranchements et branchements plus ou moins fortuits s'ajoutent le récit que Rober Racine lui fait de sa fascination pour une cage aux vautours vue à Barcelone et l'intérêt de Robert Morin pour les dessins de Racine consacrés à ces rapaces (Fantasmes fragiles, la Galerie de l'UQAM, 2005). De fil en aiguille...  « Les thématiques se sont croisées et l'envie de travailler ensemble s'est cristallisée », raconte Fortier. « Quand j'ai fait le 30x30 à Montréal, Rober est venu presque tous les jours. Il se tenait toujours en périphérie, et de la plateforme, et du terrain, il longeait la clôture, tout seul avec son parapluie. C'était une performance en soi et ce ‘personnage’ presque beckettien m'a fasciné, j'ai voulu le garder. »

Texte de Michèle Febvre, Professeure associée au Département de danse de l'UQAM, pour le programme du Festival TransAmériques 2008.


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Cabane

Concept, chorégraphie et mise en scène Paul-André Fortier. Interprétation Rober Racine et Paul-André Fortier. Musique Rober Racine. Images Robert Morin. Lumières John Munro. Décor et accessoires Daniel Vallée, d’après une idée de Paul-André Fortier. Costumes Denis Lavoie. Sonorisation Martin Ouellet. Direction des répétitions Ginelle Chagnon. Supervision des spectacles et assistance au chorégraphe Ginelle Chagnon. Direction de production et technique Guy Levesque. Régisseur Simon Pineau.

Coproducteurs Festival TransAmériques, Montréal, Canada. Centre national des Arts, Ottawa, Canada. Festival Danse Canada, Ottawa, Canada.

Cette œuvre est dédiée à Françoise Sullivan. Présentée en première en mai 2008 au Festival TransAmériques, Montréal, QC, Canada.