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Aussi seul que Robinson sur son île, Paul-André Fortier joue encore le jeu du personnage. Celui-là semble surgir des époques anciennes, et porter sur son dos tout le savoir du monde, et il lui faudrait cette fois le faire sien, l'incarner, non pas tenter de s'en défaire pour retrouver l'être nu, d'avant la culture, mais au contraire tout prendre avec lui dans une inlassable quête de lui-même, quitte à payer le prix de la solitude. Il aspire à s'envoler, toujours, malgré sa condition d'homme, vulnérable dans le spectacle de son inévitable échec, imprégnant les murs des traces de son labeur intérieur comme un danseur mouille un vêtement. Ainsi que l'écrit Michèle Febvre, qui fut longtemps son interprète, auparavant, « ses personnages portaient, traînaient des pierres, s'étreignaient comme on se noie, couraient vers nulle part. Aujourd’hui, la mémoire s'est apaisée, le regard se fait complice, tendre ou ironique, toujours vigilant à dénicher du creux de l'homme les fantômes de son inconscient. » La tendresse est nouvelle, chez Paul-André Fortier, et se pose sur l'homme, le sujet singulier dont il raconte le voyage comme s'il n'en était pas lui-même, alors que la création telle qu'il la fait est peut-être, de tous les trajets, le plus exigeant. Texte d’Aline Gélinas « (Il) nous donne l’occasion de nous pencher sur les méandres de la solitude et les aléas de l’innocence et de la folie. Une œuvre singulière sans être hermétique, grave, sans être triste. » - Andrée Martin, Le Devoir, lundi 9 décembre 1996
La tentation de la transparence
Coproducteurs Centre national des Arts, Ottawa, Canada; Festival Danse Canada, Ottawa, Canada. Cette œuvre est dédiée à Betty Goodwin, dont le travail a été une source d’inspiration pour le chorégraphe. Présentée en première en 1991 au Festival international de nouvelle danse, Montréal, QC, Canada. |
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