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Un homme entre en scène, en habit de ville, sobre, grave, serein en apparence, mais ce n’est qu’un vernis. Dans sa chair se jouent des drames, il y a le sexe qui pointe et l’esprit mortifié, et le combat qu’ils se font, et l’image du Crucifié qui pèse de tout son poids et qui exacerbe et le plaisir et la douleur d’y céder. Parfois, l’homme devient faune, et c’est la mémoire d’un danseur mort qui modèle son corps, et bientôt la bête qui vit sur les vases antiques que le fou avait contemplés dans les musées de Paris, strates et reliquats des cultures antérieures, et peut-être même, qui sait, le monstre originel. Les mains de l’homme miment à hauteur du bas-ventre la danse païenne qui, dit-on, compromettrait le salut des âmes. Il porte en lui toutes les contradictions d’une culture classique qui ne retient du théâtre de Racine que la rigueur de la versification, et qui tient sous silence le puissant désir filant entre les mots. Il voudrait voler comme le fait l’animal, avec ses muscles et tout son corps et pas qu’avec son esprit, cesser d’aspirer au sublime comme ces saints en pâmoison sculptés dans le marbre des églises, jouir en regardant Dieu dans les yeux. Dans la ville désertée, il se débat, il cherche et se trouvera-t-il jamais ? Texte d’Aline Gélinas « Une parodie mordante des travers masculins » – Geneviève Dussault, Voir, janvier 1991 « Les Males Heures est une œuvre intense, ciselée avec autorité. » – Michael Scott, The Vancouver Sun, 7 mars 1992
Les males heures
Présenté en première en septembre 1989 auFestival international de la nouvelle danse, Montréal, QC, Canada. |
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